Pourquoi ai-je une baisse de l'audition?

On distingue principalement 2 types de surdités : les surdités de transmission et les surdités de perception. Dans le premier cas, l’anomalie se situe au niveau de l’oreille externe ou de l’oreille moyenne et dans le deuxième, elle se situe au niveau de l’oreille interne.

Il existe également des atteintes centrales de l’audition. Ici, l’anomalie siège au niveau des voies auditives et centres auditifs, du tronc cérébral au cortex.

1. Pathologies de l’oreille externe

  • Atrésie auriculaire (absence de conduit auditif)
  • Bouchon de cérumen 
  • Otite externe
  • Ostéomes du conduit auditif externe (prolifération d’os dans le conduit auditif) 

2. Pathologies de l’oreille moyenne

  • Aplasie mineure (malformation des osselets)
  • Otite moyenne aigüe
  • Otite séro-muqueuse
  • Otites chroniques
  • Perforation tympanique
  • Cholestéatome (développement de peau dans la caisse du tympan)
  • Otospongiose (rigidification de la chaîne ossiculaire). C'est une calicification des osselets. La perte concerne les fréquences graves. Cette pathologie est souvent héréditaire.
  • Disjonction traumatique de la chaîne ossiculaire (suite à un traumatisme crânien)

3. Pathologies de l’oreille interne

  • Atteinte cochléaire
    • Presbyacousie (vieillissement normal des cellules de l’oreille interne)
    • Traumatismes sonores chroniques ou aigus
    • Autres traumatismes (crâniens, baro-traumatismes, etc.)
    • Destruction de l’oreille interne suite à l’ingestion de médicaments oto-toxiques
    • Maladie de Menière (hyperpression de l’endolymphe)
    • Surdités brusques
    • Causes rares (surdités auto-immunes, labyrinthite, etc.)
  • Atteintes rétro-cochléaires
    • Neurinome de l’acoustique (tumeur le plus souvent bénigne, située sur le nerf vestibulaire)
    • Neuropathie auditive (atteintes des neurones codant les informations auditives)
    • Autres associés à une pathologie (sclérose en plaques, etc.)

 

 

La presbyacousie 

 

La presbyacousie est une atteinte de la cochlée provoquant une surdité de perception. La presbyacousie est une surdité qui atteint l'oreille interne.80% des personnes qui consultent ont une presbyacousie.

La presbyacousie correspond à une diminution du nombre de cellules sensorielles de la cochlée avec l’âge. On en perd dès l'âge de 20 ans! A 75 ans, on estime que 50% des cellules ciliées externes et 25% des cellules ciliées internes sont perdues. Il s'agit donc du vieillissement normal de l’oreille. Toutefois, les agressions de la vie quotidienne de l'oreille (concerts, baladeurs MP3, ...) peuvent accélerer ce vieillissement.

En général, on relie la presbyacousie à l’âge mais ce n’est pas systématiquement le cas. On peut être atteint de presbyacousie à 35 ans par exemple. Mais c’est une dégradation de l’audition « sournoise » car très progressive et bien souvent, on ne s’en préoccupe que trop tard.

Certains signes ne trompent pas. Lors de l’examen avec votre audioprothésiste, ce dernier mettra en évidence une perte auditive accentuée sur les fréquences aigües. De plus, la compréhension des mots sera diminuée en présence d’un bruit de fond.

 

De nombreuses conséquences telles que l’isolement, la dépression, l’agressivité etc. viennent entraver la qualité de vie du malentendant.

Une étude a mis en évidence qu’une personne atteinte de presbyacousie aura 2,4 fois plus de risques de développer la maladie d’Alzheimer qu’une personne dont la perte auditive a été corrigée. Cela s’explique par le fait que les informations auditives ne parviennent pas entièrement, ou de façon erronée, au cerveau. Ce dernier est moins stimulé (surtout en cas d’isolement) et la maladie d’Alzheimer progresse plus rapidement.

J'entends mais je ne comprends pas

Lors de vos tests auditifs, l'audioprothésiste teste l'intensité de votre audition et donc votre capacité à appréhender le volume des sons mais également votre compréhension des sons qui elle fait intervenir votre cerveau.

Les fréquences graves sont responsable de la puissance et l'intensité du son perçu, les fréquences aigües apportent la compréhension. Dans le cas de la presbyacousie, la perte auditive se situe au niveau des fréquences aigües, c'est donc pour cela que vous pouvez entendre les sons mais ne pas les comprendre. Ce phénomène est accentué lorsqu'il y a du bruit.

 

Il est important de comprendre que les neurones travaillant pour l’audition dégénèrent s’ils ne sont pas sollicités. Dans le cas d’une perte auditive non corrigée depuis un long moment, ces neurones disparaissent pour ne jamais se reformer. Si l’on a une perte auditive trop ancienne, même en augmentant le volume de la source sonore, la compréhension ne s’améliore pas ou très peu…  On peut malgré tout « rééduquer » l’oreille et le système central de l’audition dans la plupart des cas. Mais pour éviter que cela soit irréversible, il est important d’appareiller dès les premiers signes d’une perte auditive.

 

Les acouphènes

Un acouphène est défini comme une sensation auditive persistante (bourdonnements, sifflements, etc.) perçue en l’absence de toute stimulation sonore. Les acouphènes, autrefois assimilés à tort à des hallucinations auditives, ont le plus souvent une origine organique consistant en un dérèglement de l’oreille interne.

C’est une URGENCE médicale à traiter le plus rapidement possible si l’on veut que les acouphènes disparaissent. Il faut donc consulter un médecin ORL dans les 24h qui suivent leur apparition.

Ils peuvent apparaître suite à une exposition prolongée aux bruits de forte intensité (suite à un traumatisme sonore), ils peuvent être associés à une perte auditive ou alors apparaître spontanément.

On estime que 10% de la population souffre d’acouphènes mais pour plus de la moitié d’entre eux, ces bruits parasites n’affectent pas leur niveau de vie. En revanche, pour le reste, l’acouphène est un réel handicap qu’il faut traiter par des thérapies douces et par la relaxation. Au jour d’aujourd’hui, nous n’avons pas de solution « miracle » pour supprimer un acouphène. Cependant, il arrive que ce dernier disparaisse spontanément tout comme il est apparu.

Les acouphènes sont au départ rééls au sens où il sont provoqués par des impulsions nerveuses de la cellule endommagée. Toutefois, avec le temps la cellule guérit et le cerveau a enregistré le son de l'acouphène. 95% des acouphènes sont subjectifs.

En audioprothèse, nous avons des solutions pour diminuer la gêne occasionnée par les acouphènes jusqu’à parfois les faire disparaître.

  • Dans le cas d’un acouphène associé à une perte auditive
    L'audioprothésiste corrige l’audition. Le fait de « réentendre » les bruits environnants va masquer l’acouphène. Le cerveau ne se focalisera plus dessus et avec le temps, il est possible que le bruit parasite disparaisse totalement.
  • Dans le cas d’un acouphène apparu spontanément ou suite à traumatisme sonore
    Il faut déterminer l’intensité, la fréquence ainsi que le type de bruit (bourdonnement, sifflement, souffle, etc.) que provoque l’acouphène. Nous allons ensuite régler, en fonction des résultats obtenus, un générateur de bruit blanc qui émettra en quelque sorte un souffle dans l’oreille atteinte afin de masquer le bruit parasite. Petit à petit, l’acouphène va diminuer en intensité et l’audioprothésiste baissera en même temps l’intensité du bruit blanc jusqu’à ce que les acouphènes disparaissent totalement. Cela peut prendre beaucoup de temps mais le soulagement est réel.

 

Les techniques progressent pour améliorer la qualité de vie des personnes acouphéniques.

En attendant, n’hésitez pas à consulter un médecin ORL, à en discuter avec votre audioprothésiste ou à faire des séances de relaxation. Des associations telles que France Acouphènes apportent un soutien appréciable.

 

Protéger son audition

Il est très important de protéger son audition de tous les bruits intenses et/ou prolongés.

Les sons dits « gênants » se situent entre 30 dB et 70 dB. Ils ne sont pas nocifs pour l’oreille mais ils peuvent être à l’origine de troubles psychologiques (dépression, irritabilité…). Les sons dits « nocifs » commencent dès 80 dB. Une exposition prolongée peut induire des dégâts irréversibles sur l’audition. Au-delà de 110 dB, quelques secondes suffisent à créer un traumatisme à l’oreille pouvant induire une perte auditive, des acouphènes et parfois même une hyperacousie.

 

 

 

Les bruits créés par l’homme sont considérés comme « une pollution sonore ». Au travail ou même dans les loisirs, les sons de forte intensité sont très présents.

Depuis le 15 février 2006, une réglementation a été mise en place pour renforcer la protection des travailleurs en imposant le port de protections auditives sur-mesure. Malheureusement, beaucoup n’ont pas pu bénéficier de cela et sont victimes de « surdités professionnelles ». Si les organismes responsables reconnaissent que la perte auditive est liée à l’exposition prolongée au bruit sur le lieu de travail, alors le remboursement des prothèses auditives est plus important.

En ce qui concerne la musique, la limite de nocivité s’établit autour de 85 dB. Le danger est particulièrement sournois car la menace est masquée par le plaisir d’écoute. Que ce soit en discothèque, en écoutant un baladeur ou autre, le traumatisme subit est bien réel même si les effets ne sont pas immédiats ; l’écoute débridée de musique amplifiée prépare des presbyacousiques précoces.

Il en est de même pour les sports mécaniques, la chasses et autres activités provocant des bruits intenses prolongés ou impulsifs.

On ne s’aperçoit que trop tard qu’une audition intacte, sans bruits parasites (acouphènes) et sans hyperacousie est primordiale pour un bon équilibre psychologique. En effet, la plupart des personnes souffrant de l’une des conséquences citées ci-dessus est atteinte de dépression (voir témoignages sur France Acouphènes).

Donc afin d’éviter ces désagréments irréversibles, il est important de suivre les consignes suivantes :

  • Eviter les discothèques et concerts sans protection auditive.
  • S’éloigner des enceintes acoustiques et ne pas écouter baladeurs et autoradio a plein volume.
  • Donner du repos à ses oreilles afin que les cellules ciliées récupèrent, et réduire les durées d’écoute.
  • Avoir conscience des conséquences irréversibles et faire un bilan auditif avec un médecin ORL où avec votre audioprothésiste une fois par an.

 

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