La « kiné respi » inefficace contre la bronchiolite

Les maux de l'hiver
Source: Fourmisante

Dans son numéro de décembre 2012, la revue Prescrire publie un article intitulé « Bronchiolites, pas de place pour la kinésithérapie respiratoire ».

 La bronchiolite est une infection respiratoire virale très répandue puisqu’elle concerne près de 30 % des enfants de moins de deux ans chaque hiver (460 000 nourrissons). De plus, les rechutes dans les deux premières années concernent 23 à 60% des bébés.

La bronchiolite entraîne une toux sèche et des expectorations, l’enfant ayant une respiration accélérée et sifflante. Cette pathologie a généralement une évolution spontanément favorable en 8 à 10 jours, quoiqu’elle puisse dans de rares cas se révéler assez grave (aucune mort n’est cependant recensée). Une toux résiduelle persiste parfois deux semaines avant de disparaître.

En France, la kiné respiratoire est largement employée pour traiter cette infection bronchique. Le « clapping », puisque c’est de cela dont il s’agit, est une technique de toux provoquée consistant à percuter et à comprimer le thorax pour évacuer le mucus présent en excès dans les bronches.

Cette méthode extrêmement spectaculaire et souvent effrayante pour les parents peut également se révéler traumatisante pour les bébés. Elle est en effet susceptible d’entraîner des douleurs, des vomissements et des fractures de côte (chez 1‰ des nourrissons traités, selon une étude menée dans des hôpitaux parisiens).

Quoique systématiquement employée par les kinésithérapeutes mis en présence d’une bronchiolite, cette technique invasive ne doit pas être systématique écrivait l’HAS (Haute Autorité de Santé) dans un rapport daté du 21 septembre 2000. Dans ce même document, on peut lire que « des travaux de validation de cette pratique dans les bronchiolites aiguës du nourrisson doivent être poursuivis et encouragés afin d’obtenir une base scientifique solide ».

La revue Prescrire va plus loin en rapportant la synthèse de neuf essais de kinésithérapie respiratoire comparés à l’absence de pratique de kinésithérapie sur 891 nourrissons (645 ont bénéficié de la technique de toux provoquée). Les résultats sont sans appel : il n’existe aucune différence entre les enfants traités avec kiné ou sans kiné. Dans tous les cas, la durée de la maladie a été de 13 jours et aucune différence n'a été retrouvée en termes d'évolution clinique, d'oxygénation du sang et de fréquence respiratoire.

"En 2012, on dispose de données solides montrant que chez les nourrissons atteints de bronchiolite, la kinésithérapie respiratoire n'est pas efficace et a une balance bénéfices-risques défavorable, y compris avec la technique habituellement utilisée en France. Mieux vaut épargner cette épreuve aux bébés" conclut Prescrire (tome 30 N° 325 de décembre 2012 p. 849).

L’Inpes rappelle de son côté que la seule manière d'éviter la contagion est de se laver régulièrement les mains, de porter un masque chirurgical lorsqu’on s’occupe d'un bébé, ne pas l'embrasser lorsqu'on est malade et ne pas le mettre en présence d’enfants malades.

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