Réforme du circuit du médicament : La question toujours brûlante des visiteurs médicaux

Source: Fourmi santé

Toujours à propos du guide Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles et dangereux  auquel nous avons consacré notre précédent article,  Philippe Even, interrogé par le Nouvel Observateur a posé la question suivante "Comment espérer que 1000 délégués de l'assurance maladie contrebalancent l'information dispensée par 18 000 visiteurs médicaux". Les visiteurs médicaux rappelons-le sont des représentants des laboratoires pharmaceutiques qui démarchent pharmacies, hôpitaux, cabinets médicaux afin de présenter les médicaments conçus par leurs entreprises respectives. Le but de telles visites est d'inciter les professionnels de santé à prescrire ces médicaments d'une part, et d'autre part de dispenser à ces même professionnels de l'information de référence sur les médicaments.

Débat sur la qualité de l'information

C'est notamment sur la qualité de cette information qu'ont porté une partie des débats liés aux scandales liés aux médicaments. Pour les laboratoires, qui désormais sollicitent de manière croissante les nouveaux médias dans la diffusion de cette information - notamment pour la rendre aussi accessible aux patients, nouveau pilier de la communication pharmaceutique - c'est un point crucial.

Réformer la visite médicale : un enjeu de taille

On se souviendra que dans l'affaire du médiator, les visiteurs médicaux ont été particulièrement épinglés notamment dans le rapport du sénat de juin 2011 sur la réforme du système du médicament dans lequel il était question de réformer la visite médicale notamment dans le cadre de l'hôpital. Toujours en juin 2011, l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) publiait elle aussi un rapport pour "une réforme d'envergure de la pharmacovigilance" ; rapport dans lequel elle préconisait rien moins que la suppression pure et simple des visiteurs médicaux.

 

Une analyse de l'impact de la visite médicale sur les prescriptions des médecins

il y a quelques mois, Etienne Foisset, étudiant au CHU de Brest a réalisé une «étude de l’impact de la visite médicale sur la qualité des prescriptions des médecins généralistes bretons». Ont été analysées les prescriptions de 179 généralistes choisis par tirages, les données ainsi obtenues ont ensuite été croisées avec les chiffres sur la fréquence des contacts entre les médecins et les laboratoires pharmaceutiques.
Résultat mis en avant par l'étude : Plus le nombre de contacts est important, plus les prescriptions sont corrélées aux "objectifs commerciaux des firmes pharmaceutiques", souvent selon l'article de Libération, «au détriment des intérêts des patients, des caisses d’assurance maladie et de la gestion des risques sanitaires». Est cité l'exemple des sartans (un régulateur de l'hypertension) dont la vente a supplanté celle des IEC, d'une autre classe thérapeutique, mais dont l’efficacité est similaire (lire le rapport de la has) : la seule différence étant que les Sartans sont plus coûteux du fait de leur nouveauté...

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