4000 médicaments sur la sellette
Vendredi 14 septembre 2012 Ã 10h24Il a fait grincer de nombreuses dents dans l'industrie pharmaceutique et fait le buzz depuis quelques jours sur la toile : Le guide des 4000 médicaments utiles, inutiles et dangereux, de Bernard Debré et Philippe Even en appuyant là où ça fait mal, et aussi où ça coûte cher, jette un énorme pavé (900 pages) dans la mare, en éclaboussant certains au passage.

Toute la journée d'hier Twitter a égrené des statuts assassins émanant des médecins 2.0 ( les profils de médecins qui interagissent sur le web) : des petites phrases de 140 caractères qui résumaient les grandes lignes de l'ouvrage :
"Dans les 56 médicaments dangereux ou inutiles, #Servier en fabrique 6"
Philippe Even: "ll y a 5 molécules pour traiter l'hypertension artérielle et 150 "mee too".."
Une mode qui ne date pas d'hier
Et la chose non seulement n'est pas nouvelle, mais ne se limite bien sûr pas à la France, ainsi une étude de 2002 citée dans le New-York Times démontrait que deux tiers des médicaments ayant reçu l'approbation de la FDA entre 1989 et 2000 n'étaient pas de vrais nouveaux médicaments, mais des versions retouchées de molécules identiques déjà présentes sur le marché. Ce même rapport mettait en évidence que la part la plus importante de la croissance des dépenses au titre des nouveaux médicaments correspondait à des molécules que la Food and Drug Administration (F.D.A) considérait comme sans bénéfices significatifs par comparaison avec ceux déjà présents sur le marché.
Les Me too
Cette "technique" des Me Too, de plus en plus utilisée consiste notamment à déposer de nouveaux brevets sur des molécules connues de longue date, ce qui permet de garantir des prix élevés durant plusieurs années. Le tout financé via notamment des crédits impôt recherche, que certains souhaiteraient bien voir réformer dans le but de valoriser la vraie innovation.
Les propositions de la Mutualité Française
En 2010, le président de la Mutualité Française faisant référence au taux de 15% créé par l'Assurance maladie, proposait d'aller plus loin en matière de sélectivité pour le remboursement des médicaments et de prendre en compte dans l'évaluation du SMR du médicament par la Haute Autorité de Santé, le fait que les médicaments soient ou non de "fausses nouveautés" à savoir nos fameux Me too... Certains vont plus loin en préconisant de tenir compte de ce paramètre lors de l'étape de la fixation du prix des médicaments au moment des négociations entre les laboratoires et le Comité économique des produits de santé (CEPS).
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