Interview de Christian SAOUT, Président du CISS, Association des personnes malades et handicapées, des consommateurs de soins et des familles (avril 2011)

Fin 2010, une enquête de l’IPSOS montrait que 88% des Français souhaitaient la mise en place d'une information officielle permettant de comparer les tarifs et prestations des médecins et des structures de soins. A l’heure d’internet, comment expliquez-vous que ce ne soit pas déjà le cas et qu’il n’y ait pas déjà une offre pour les patients et les aider à avoir accès à une information claire sur le reste à charge?

Ils le disent assez clairement que ce dont ils ont besoin c’est un GPS santé, qu’effectivement personne ne l’a fait et en tous cas pas les services publics qui auraient pu le faire depuis longtemps car ce sont des données assez facilement accessibles sur le coûts des consultations le cout des hospitalisations , le remboursements etc.

Vous pensez que c’est un manque d’initiative de la part des pouvoirs publics ?

Ce sont des initiatives tardives en tous les cas. On a une partie de ces éléments là sur le site de l’Assurance Maladie qui s’appelle ameli-direct, je crois ; mais honnêtement c’est pas bien vigoureux et puis ça ne permet pas de savoir quel est son reste à charge aussi facilement que ça. Donc il y a des initiatives qui commencent à voir le jour mais elles sont vraiment peu nombreuses et puis avec une information qui est un petit peu sélectionnée, un peu tronquée.

Fourmi-santé justement est un site grand public indépendant qui se propose d’être un carrefour de l’information certifiée - donc en incluant l’Assurance Maladie mais aussi les complémentaires santé- mais en même temps en permettant de démocratiser et vulgariser l’information économique. Pensez-vous que les pouvoirs publics et sites institutionnels doivent être les seuls aujourd’hui à fournir une information économique?

Non. La Pravda de l’information santé, ça n’a pas de sens. D’abord, ce sont des informations à caractère public, qui sont des documents diffusés par les complémentaires ou par l’assurance maladie elle-même ou par les cliniques et les établissements de soins donc ce sont des informations qui sont à la portée de tout le monde. Par contre, les rassembler, leur donner un sens, faire que ce soit utile au consommateur pour à arbitrer dans ses choix, ça reste à être fait et c’est la plus-value qu’on peut apporter.

Selon vous justement quel impact ce type de portail avec une approche "porte-monnaie santé" peut-il avoir sur le grand public?

Je pense un impact probablement important. Parce que d’abord, il y a peu de gens qui font attention à ce que ça coûte réellement. Parce qu’on n’a pas pris l’habitude de ça dans un système d’Assurance Maladie avec des complémentaires qui couvraient assez facilement des dépenses. Et que la situation est en train de se tendre donc pour choisir une complémentaire par exemple on va avoir besoin de ces informations là pour savoir quelle est la complémentaire de santé la meilleure par rapport aux besoins que l’on a. Donc tout ça, ce sont des informations utiles pour les patients.

Les patients le disent assez clairement que ce dont ils ont besoin c’est un GPS santé Christian Saout, Président du CISS